La repentance

 « La repentance » est une œuvre d’imagination mais dont le propos renvoie à une problématique d’une réalité et d’une actualité tragiques. Il repose, dans sa substance, sur des éléments d’information puisés sur le terrain de la lutte contre le terrorisme et sur la connaissance précise des éléments qui le fondent et le justifient aux yeux de ceux qui le pratiquent.

A travers une situation fictionnelle mettant en présence un imam et un terroriste blessé réfugié dans une mosquée, l’auteur révèle, dans un dialogue extrêmement élaboré entre les deux protagonistes, le niveau de manipulation atteint par les commanditaires du terrorisme pour convaincre les exécuteurs de leurs œuvres criminelles qu’ils agissent pour une cause sacrée.

 Face au religieux dont la foi est attestée par une adhésion inconditionnelle au Message et une pratique sereine des exercices qu’il commande, se trouve un homme fanatisé au point de détourner et pervertir le même Message. On est ainsi mis en présence d’un spécimen particulièrement illustratif de l’utilisation de l’islam au service de desseins totalement étrangers à la religion.

On apprend, au fil du dialogue, la redoutable efficacité des mécanismes de conditionnement qui transforment des êtres humains en créatures monstrueuses qui ne répugnent ni au meurtre d’innocents, ni au viol et aux pratiques les plus sordides et les plus répréhensibles.

Parce qu’il analyse lucidement et éclaire tous les aspects de cette forme de criminalité et en dénonce les mécanismes pernicieux, tout en se donnant à lire comme un récit littéraire, l’ouvrage de Farid Benchikh est un excellent document sur le terrorisme islamiste. A ce titre, il gagne à être lu et relu.