Les âmes brisées

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Elle a dit : « Je ne peux me résigner à de si grandes solitudes. Il faudra
bien qu’un jour les ruisseaux se décident à féconder les dunes, que les
torrents déversent leurs bruyantes cascades dans l’immensité du silence,
et peut-être même que les océans seraient tentés de venir déferler dans ces
espaces sans limites… ».
J’ai dit: « Les ruisseaux sont trop frileux pour quitter les montagnes, les
océans trop immenses pour conquérir l’immensité. Laisse donc le silence
se taire et les cascades amuser les touristes. Ici le regard est trop petit pour
de si vastes étendues. Vois-tu, si les mers et les torrents, les ruisseaux et les
fleuves s’avisaient à venir ici, le ciel serait dépouillé de ses étoiles comme
de sa bourse le voyageur par les bandits de grand chemin.
( Extrait de « Terre blessée »)