Amar Akli Dris

Pendant quinze jours, j’ai été soumis alternativement à toutes sortes de tortures : le nerf de bœuf, la baignoire, le tuyau et l’électricité.
La police n’a pas entendu le moindre aveu de ma part. Le dernier jour, un policier m’a dit : « Tu ne veux même pas avouer ton appartenance au P.P.A ! On a fait venir d’Oran des gens spécialement pour toi ; ils vont te faire avouer sinon tu vas mourir! 

- Il suffit d’une seule balle pour me tuer, ai-je répliqué.                                                                      

Il m’a alors menacé : 

- On ne va pas te tuer rapidement. On te réserve une mort lente et à petit feu! 

- Même si vous me découpez en mille morceaux, vous n’entendrez pas un seul mot de ma bouche ! », ai-je répondu.

Ils ont alors cessé de me torturer.

Amar a parcouru tous les rouages de la cellule de base jusqu’à l’échelon national, il en a traversé toutes les péripéties et subi toutes les épreuves. A la lecture de ses mémoires, force est d’admettre que cette génération est une race de militants à part ; elle était le produit de son temps. Nous avons la surprise et la chance d’avoir affaire à un narrateur qui a gardé une mémoire vivace et sur un grand nombre de sujets historiques, de personnages devenus des acteurs importants de l’histoire du mouvement national. 

Extrait de la préface de Hocine ZEHOUAN